Nouveau chapitre.
- Caroline
- 6 juin
- 2 min de lecture
J’étais loin d’imaginer ce matin que je dirais une phrase pour la dernière fois de ma vie aujourd’hui !
Et pourtant c’est un matin presque normal : Départ à 4h45, je récupère mes stagiaires photo, direction la montagne.
Sur le trajet, on discute photo, animaux… et vient évidemment LA question :
“Et tu penses qu’on peut voir des loups ?”
Question habituelle, réponse habituelle :
“Y’en a dans le massif ici. Mais honnêtement, ça me paraît peu probable… Ça fait 12 ans que je suis sur le secteur et je n’en ai jamais vu ! Je pense que je suis maraboutée ou quelque chose du genre… En tout cas, si ça arrive ce matin, vous serez mon best groupe ever !”

Nous randonnons dans cet endroit que j’aime tant. Après un lever de soleil en feu, nous croisons un tétras, apercevons et photographions plusieurs chamois.
Une belle gouille nous offre l’occasion de photographier quelques reflets, pendant que des chamois gambadent dans les combes au-dessus de nous.

Bastien me dit alors avoir vu “un truc plus court sur pattes” traverser un névé.
Évidemment, l’idée me traverse l’esprit, comme à chaque fois que je n’identifie pas quelque chose au premier regard… mais ne voyant rien, je conclus au plus probable :
“Peut-être une marmotte, on a entendu siffler dans cette direction.”
On continue tranquillement notre séance photo, lorsqu’un chamois attire mon œil au milieu de la neige. Il se détache bien, c’est joli.
Je ressors le téléobjectif et fais quelques images.
Et là, une information monte à une vitesse ahurissante jusqu’à ma conscience.
Avant même de l’avoir vraiment vu, j’en suis persuadée : cette tâche qui traverse le névé, ce n’est pas un chamois.
C’est un loup.
Je l’annonce instantanément :
“UN LOUP !!!”
Camille a le temps de le voir et de faire quelques images, mais c’est loin. Bastien est avec l’objectif paysage… ce sera pour la prochaine fois.
Je fais mes images, puis l’instant s’envole en moins d’une minute.
30 secondes.
Peut-être 40.

Douze ans ici.
Douze ans à me dire que j’aimerais vraiment en voir un “chez moi”… et plusieurs années que j’avais sincèrement abandonné cette quête.
Toutes ces pensées et ces ruminations balayées en trois dizaines de secondes.
Je me questionnais même ces derniers temps sur ma passion pour la photo, sur le sens à lui donner dans le tumulte du quotidien. Il n’en restait presque plus que l’envie de partager, sans quête particulière ni objectif précis, si ce n’est montrer aux gens que j’encadre la beauté de cette banalité montagnarde.
Et finalement, tout ça pour dire que la vie a parfois une drôle de façon de déposer sur notre chemin de petites choses qui servent à rappeler, ou peut-être à vérifier, qu’on avance toujours dans la bonne direction.
Un sentier sinueux, parfois multiple… mais le bon endroit.
Et ça, c’est réconfortant.
(Et plus jamais je pourrais dire à un groupe qu'il sera mon best groupe Ever si on voit un loup!)




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